Logo Chung Do Kwan 1944

Le Chung Do Kwan

(靑 涛 馆 / 청도관)


Créée par LEE Won Kuk (13 avril 1907 – 2 février 2003) en 1944, c’est la première des neuf écoles ou kwan qui sont à l’origine du Tae Kwon Do.
Ce style de Tae Kwon Do est connu pour sa puissance globale et mettant l’accent surcoups de pied à la tête.
Fondation
Le Chung Do Kwan a été créé par LEE Won-Kuk en 1944 en période d’occupation de la Corée par le Japon depuis près de 40 ans.
On prétend qu’il aurait secrètement étudié Taekkyon, l’art ancestral coréen dans un Gup Dong à Séoul pendant l’occupation japonaise ce qui était formellement interdit à cette époque. En 1926, à l’âge de 19 ans, il étudia le karaté Shotokan à l’université de Droit : Chuo au Japon avec Sensei Gichin FUNAGOSHI, le Karaté Goju-ryu avec son fondateur Sensei Hunagoshi (héros national japonais) ainsi que le KARATE-DO originel à Okinawa. Il étudia également le Kung Fu dans le centre de la Chine, dans le Henan et Shanghai. LEE a obtenu un 4ème dan en karaté Shotokan, le plus haut grade à l’époque du fondateur.
De retour en Corée en Janvier 1944 en raison des bombardements sur Tokyo, LEE, désirant partager son savoir avec ses compatriotes demande l’autorisation aux autorités japonaises d’ouvrir un club d’Art Martiaux. Après deux premiers refus, les coréens n’ayant pas le droits d’enseigner ce type d’activité trop sensible politiquement, LEE doit composer avec l’appui du général ABE, (lui aussi élève de FUNAGOSHI) et représente son dossier avec succès en Septembre 1944 sous le nom KANG SU DO style Chung Do Kwan (transcription élargie de KARA TE DO style Shotokan). Le Kwan se trouvait dans la section Suh Dae Moon Gu de l’école Yong Shin à Séoul.
Très vite, le seul coréen autorisé à enseigner les Arts Martiaux en Corée dès Septembre 1944, transcende alors le nom de son enseignement en « Tang Soo Do ».
Le nom passe alors d’une traduction littérale de KARATE DO : KANG SOO DO (philosophie du combat à main nue) à TANG SOO DO (philosophie du combat de la main chinoise). Ce nom d’origine chinoise, Tang Soo Sool, fait référence à la Dynastie Tang qui régna entre 618 et 907. Le premier caractère « KANG (Kong) » (Kara en japonais) signifiant « VIDE » est remplacé par le caractère de «TANG ».
A cette époque, où même l’enseignement du coréen est interdite à l’école, ce changement d’apparence anodin marque un appel au nationalisme coréen résistant à l’occupant, c’est surement ce qui expliquera la confiance en soi fulgurante du CHUNG DO KWAN avant même la libération de la Corée de près de 40 ans d’occupation japonaise le 15 août 1945.
Cependant l’intervention du générale ABE pour l’ouverture du Chung Do Kwan a provoqué une rumeur très répandue et un profond manque de confiance en LEE, et il a été poursuivi en justice pour ses affinités avec les japonais ce qui a eu pour conséquence la fermeture temporaire de l’école. Suite à son acquittement, il est devenu un défenseur actif de l’indépendance de la Corée et s’est allié étroitement à la police nationale. Lorsque le Chung Do Kwan a réouvert à Gyun Ji Dong, Si Chun Gyo Dang, Jong Ro Gu, Séoul en Avril 1946, on y a fait référence en l’appelant le dojang du quartier général de la police.


Le système de ceinture au Chung Do Kwan était initialement :

  • Ceinture blanche (8e au 5e Guep)
  • Ceinture Rouge (quatrième au premier Guep)
  • Ceinture Noire (1ère à 7ème Dan)

Les tests de grades ont lieu tous les six mois, les étudiants pouvant passer deux niveaux Keup par test (8e au 6e keup par exemple). La raison en est que de nombreux coréens à l’époque étaient pauvres et n’avaient pas les moyens de se rendre fréquemment aux examens.
En 1951, du fait de son âge, LEE Won Kuk, demande à SON Duk Sung, de lui succéder mais la plupart des écoles coréennes d’arts martiaux ont fermé pendant la guerre de Corée. Le Chung Do Kwan n’y a pas fait exception.
Quand l’école réouvrit ses portes pour la seconde fois en 1953, le fondateur, LEE Won Kuk, ne faisait plus que de rares visites, c’était alors SON Duk Sung et les autres instructeurs qu’il avait entraîné qui étaient devenus les véritables instructeurs du Chung Do Kwan.
C’est SON Duk Sung en qualité d’instructeur qui a délivré au Général CHOI Hong Hi son diplôme de 4ème Dan. SON a précisé qu’il s’agissait là d’un diplôme honorifique. Il a plus tard déclaré que ce diplôme était nul et a ainsi déchu CHOI son statut honorifique de Kwanjang (grand maître) Plus tard CHOI lui a demandé un diplôme de 6ème Dan en insistant sur le fait qu’il devrait le signer. Mais SON n’a pas cédé à la pression et a également exclu NAM Tae Hi du Chung Do Kwan pour connivence; c’est alors que CHOI et NAM ont fondé le « Oh Do Kwan ».
En raison de sa formation en droit, LEE a été nommé professeur à l’Académie de police coréenne et plusieurs de ses étudiants au début étaient des policiers.
Plus tard, le président de la récente Corée du Sud, RHEE Seung Man, lui offre le poste de ministre de l’Intérieur. Cependant, quand LEE a poliment refusé, le président RHEE le fait arrêter ainsi que son assistant, SON Duk Sung.
A sa libération, LEE et sa famille émigre au Japon juste avant le début de la guerre de Corée. Avant de partir, il nomme son élève le plus avancé, YOO Ung jun pour lui succéder. YOO, partisan de la Corée du Nord laisse son poste à SON Duk Sung qui sera lui-même remplacé par UHM Woon Kyu, 4ème ceinture noire du Kwan en 1959.

Source : https://itokwan.org/about